Séparation

nicole malinconi

 

 

2012. Les liens qui libèrent.

«Il me semble que j’avais parlé comme on avance dans le noir. Après tout, il en va souvent ainsi pour la psychanalyse, oui, mais dans certains cas on finirait bien par souhaiter qu’il suffise de s’arrêter de parler pour que le noir cesse. Parler avait l’air de causer les maladies et les douleurs, mais ce n’était qu’un air ; je savais que c’était aussi le seul moyen de ne pas succomber à celles-ci. Au fond, voilà, je me séparais de ma mère et j’en étais malade tout le temps ; j’étais comme double. Ou divisée, c’est comme on voudra. Disons que je parlais contre mon double malade et endolori, contre le retour à l’état d’enfant que cause la maladie, et ma ténacité à rester cet enfant-là ; je parlais contre l’enfant collé de ma mère, je parlais contre ma mère. J’avais pourtant l’impression de commencer à l’aimer.»

Livre présenté lors du Midi-Minuit des écrits de psychanalyse organisé par l’APJL en 2013  à Paris