5/5 – Ouvrage présenté et discuté lors du Midi-Minuit 2015

Le rapport Turquet. Préface de José Attal (lunebévue).

Préface de José Attal
Traduction et notes de Luc Parisel
ISSN : 1284-8166, ISBN : 978-2-914596-42-8, 104 p. 15 €
LE RAPPORT TURQUET

Strictement confidentiel
Deuxième Rapport sur le Groupe d’Études Société Française de Psychanalyse adressé à l’Exécutif Central de l’Association Internationale de Psychanalyse.
Paula Heimann, Dr P. J. Van der Leeuw, Miss Ilse Hellman, Dr Wilhelm Solms, Dr P. Turquet, Secrétaire.
En 1963, pour clore la demande de la Société Française de Psychanalyse d’être affiliée à l’IPA, une commission d’enquête est créée, dirigée par un psychanalyste anglais parlant français : Pierre Turquet. Arlésienne ou monstre du Loch Ness, ce Rapport, à ce jour, n’avait jamais été vu. Ayant récemment fait surface en anglais, il est traduit ici pour la première fois en français, et il apparaît pour ce qu’il est, une archive policière accumulant des formules étonnantes : « À chaque occasion nous avons défendu l’idée que Lacan soit interdit de formation et ce pour toujours », ou bien « Le travail de Lacan est pauvre et irresponsable » ou encore « Des garanties devront être données pour son exclusion permanente » etc.
L’archive policière travaille à établir une norme mais n’en restitue que les infractions. Quand l’IPA via le rapport Turquet veut « normer » Lacan, il en résulte une liste ubuesque, ou un sketch de gendarmes, mais qui ont en tant que tels, tout leur intérêt. Les « infractions à la norme », relevées par Pierre Turquet en termes dignes du grand Guignol, Lacan va les traiter avec le plus grand sérieux dans le séminaire de 1964, Les fondements de la psychanalyse, car l’archive, comme l’a montré Michel Foucault, c’est effectivement le jeu des règles qui détermine dans une culture l’apparition et la disparition des énoncés, leur rémanence et leur effacement, leur existence paradoxale d’évènements et de choses.
Effectivement, on se trouve, en cette fin 1963, dans un moment de transformation de la psychanalyse, un moment dans lequel, pour emprunter le terme à Félix Guattari, Lacan refonde la psychanalyse après Freud en endossant l’acte de créer ce qu’il appelle l’objet a. Alors, oui ! Par son urgente mise au placard dans les armoires bien fermées de l’IPA, le rapport Turquet prend acte, en juillet 1963, de la fin d’une certaine psychanalyse. Et la réponse de Lacan, avec ce nouveau séminaire, Les fondements de la psychanalyse et la création de l’École freudienne de Paris, donne acte de la même chose !

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