Appel à communication / Athènes

Association Psychanalytique Freud-Lacan / Journée d’étude 2015 / ATHENES – GRECE

APPEL A COMMUNICATION

 

Athènes 2015 Affiche

« Le Sujet, le capitaliste et le saint – Quelles sont les réponses de l’analyste face à la crise du lien social ? »
Vendredi 8 et samedi 9 Mai 2015Athènes 1Université d’Athènes – Amphithéâtre Alkis Argyriadis – 30, rue Panepistimiou  – Athènes / Grèce
Pour informations, vous pouvez contacter: congress@psychoanalysis.net.gr +30 69 73 40 81 81

Contact : Elda Pouli – epouli@otenet.gr


Pour en savoir plus, télécharger le document ci-après : ARGUMENT newsletter


VOUS SOUHAITEZ INTERVENIR ?

Durée d’intervention : 10 minutes.

Vos demandes d’intervention, sont à adresser au comité scientifique, avec un argument de 10 à 15 lignes,  jusqu’au 30 décembre 2014 par courrier électronique à l’adresse : congress@psychoanalysis.net.gr

Réponses du comité scientifique : 15 janvier 2015

Quelles sont les réponses de l’analyste face à la crise du lien social ?
La psychanalyse, c’est désormais admis, malgré quelques remises en questions résidu- elles, est un produit de la culture en tant que partie intégrante de l’héritage de l’humanité. La découverte freudienne, véritable révolution copernicienne, a introduit une coupure profonde dans le champ du savoir. La subversion du rapport du sujet au savoir inconscient dans la séance analytique conduit le sujet à constater qu’il n’est pas, comme il le croyait, réduit à ce qui le détermine historiquement. Mais qu’est-ce que tout cela change pour l’analysant et pour son environnement social ? La mutation du symptôme, de formation pathologique en support pour la création, permet-elle à l’analysant de mieux se loger au sein du lien social tout en renouvelant celui-ci ? N’est-ce pas là l’enjeu du discours analytique, forme la plus récente de lien social, d’un des quatre discours que Lacan a formalisé en 1970 ? Ces quatre discours fondamentaux, ou modes de lien social qui précèdent ou suivent dans le temps le fondement par Descartes de la science moderne tournent autour d’une constante : la barrière de la jouissance comme conséquence de la loi humaine, loi que les anthropologues avaient déjà relevée jusqu’à ce que Freud, inspiré par le mythe de l’Œdipe, l’élève en principe universel, et qui concerne l’interdit de l’inceste. La psychanalyse en tant que pratique clinique et en tant que champ du savoir introduit une dialectique entre l’irréductible singularité du symptôme du sujet et son insertion au sein du lien social.

Le discours analytique est défini par Lacan au delà du dispositif analytique classique comme vecteur de permutation des autres discours- liens sociaux. Cette thèse est précieuse car elle instaure la psychanalyse comme vecteur du lien social. Εn 1973-74 Jacques Lacan invente la formule de ce qu’il nomme le discours du capitaliste, version modifiée et moderne du discours du Maître, tandis qu’ en même temps il énonce deux « prophéties » qui ont surpris ses contemporains : La première concerne la montée du racisme, la deuxième concerne le capitalisme qui, système « parfait » s’il en est, ne semble pas être sans date de péremption, à cause de l’accélération du cycle production-consommation-spéculation-accumulation, qui peut finir par…se consumer lui-même. Le discours capitaliste consiste donc en une exception de la règle qui régit tous les autres, car il abolit la barrière de la jouissance. Conséquence pratique pour le sujet : cela peut lui faire croire qu’il existe quelque part sur terre La marchandise absolue, l’objet absolu qui peut conduire à la jouissance suprême en le complétant, c’est à dire en l’annihilant comme sujet du désir. En substance le discours Capitaliste fonctionne de façon perverse puisqu’il détourne le désir humain en le transformant en « besoin » artificiel. De plus, à la place de la jouissance attendue il ne fait que produire toujours plus de manque …de plus de jouissance. Le cycle « production –consommation » suppose une consommation en constante augmentation. Si la satisfaction de la jouissance existait vraiment, alors la consommation se réduirait entraînant un ralentissement de la production, et donc une crise du système capitaliste lui-même. Néanmoins cela ne se produit pas, car tout au contraire le système capitaliste produit sans cesse du manque à jouir. Ce qui se passe en réalité, et cela avait échappé à Marx, est dû au fait que la jouissance, comme le tonneau des Danaïdes le symbolise, consiste en un tonneau sans fond, ce dont Lacan rend compte par le concept de plus-de-jouir. Autrement dit, plus je consomme, plus la distance avec ce en quoi consisterait la jouissance de cette consommation grandit, ou plus simplement encore, plus je bois plus j’ai soif (1) L’addiction constitue l’exemple clinique de ce phénomène qui s’étend dans tous les secteurs de la consommation des marchandises : consoles de jeux électroniques, divers enjeux d’argent, substances toxiques, pornographie, anorexie boulimie etc.

Lacan en revanche nous a transmis en héritage la possibilité de sortie du capitalisme par le biais du discours de l’analyste. Comment cela pourrait-il être possible ? Car même si l’on supposait qu’au terme d’une analyse le sujet ne soit plus obéissant aux sirènes promettant la jouissance suprême par la possession des biens, pouvons nous faire l’hypothèse d’un dégagement plus général, et pourquoi pas d’une sorte de « sortie » tout court du capitalisme ? S’agit-il là d’une utopie ? En tous cas Lacan nous avertit que cela ne vaudrait pas la peine si cela avait lieu seulement pour quelques uns. Mais ne sommes- nous pas déjà à un moment historique où les crises successives du capitalisme, selon les différentes affirmations et prospectives de nombreux scientifiques semblent correspondre aux « prophéties » lacaniennes ? Prenons comme exemple les analyses sur les conséquences de la dernière crise financière grave qui a éclaté aux U.S.A. à partir de 2007 et qui s’est propagée à toute la planète. De nombreux travaux internationalement reconnus à l’instar de ceux de J. Rifkin démontrent que durant toute cette période de croissance dite de la « seconde révolution industrielle » qui a précédé la crise le système capitaliste ne peut prospérer qu’au détriment de la consistance du lien social et des besoins sociaux fondamentaux, tandis qu’il s’avère destructif pour l’équilibre de l’écosystème et de la biodiversité.

Ce qui a succédé à la marchandisation du travail, comme Marx l’a démontré par l’invention de la pus value, c’est une marchandisation généralisée de la production intellectuelle, de la culture, de l’amour, de la subjectivité et finalement de tout ce qui appartient à la vie humaine.
De cette forme d’aliénation généralisée jusqu’à la destruction de l’humain un pas peut être franchi. La plupart des guerres éclatent lorsque le contrôle des ressources d’énergie est en jeu. Après l’échec flagrant de la mondialisation qui pourtant promettait un avenir meilleur pour les peuples, vers où l’humanité sera conduite ? Peut-on espérer que le nouveau cycle dit de la « troisième révolution industrielle » qui succède au précédent, en transformant certains principes idéologiques sacrés comme celui de la propriété en droit d’accès ou d’usage, puisse faciliter l’émergence de possibilités alternatives aux générations futures ? Les prévisions de tous ces travaux laissent espérer le développement sectoriel de nouvelles formes de lien au travail basés sur la coopération et la solidarité, au détriment du capitalisme « classique ».

Gageons que cela puisse se réaliser, à condition que le réveil des citoyens puisse être équivalent à celui d’un sujet au terme de son parcours analytique. Le Colloque qui aura lieu à Athènes le 8 et 9 Mai 2015 pourra constituer comme attendu un lieu d’échange à partir des travaux de différents auteurs, hommes de science ou artistes, d’horizons différents, et la participation de tous ceux qui s’interrogent et croient à une possibilité de sortie de cette aliénation dont le capitalisme veut nous faire croire qu’il n’existe aucune alternative.

(1) Pierre Bruno in Lacan passeur de Marx, Point hors ligne Toulouse Érès 2010 p.213


ENTITES ET AXES THEMATIQUES

Ι. LE SUJET CONTEMPORAIN À L’ÉPOQUE DU CAPITALISME NÉOLIBÉRALE
1. Nouveaux symptômes ou excès de déjà existants ?
Autisme, paranoïa, schizophrénie, usages de substances toxiques, angoisse, dépression,
phénomènes psychosomatiques, anorexie, errance, violence, suicides
2. Quand le plus-de-jouir « complète » le sujet
Addictions (consommation, boulimie, internet, jeux vidéo, paris, pornographie…) life style,
nouveaux réseaux de contacts, narcissisme et/ou perversion
II. LE DISCOURS DU CAPITALISTE ET LE LIEN SOCIAL CONTEMPORAIN
1. Formes Contemporaines de l’exclusion sociale
Personnes en situation d’extrême pauvreté, sdf, patients errants, marginalisation sociale,
toxicomanie, violence et maltraitance, racisme
2. Exclusion sociale et évolution des différentes formes de la famille
Conséquences de la crise socio-économique vis à vis des familles monoparentales, violence
conjugale, familles ayant des malades psychiques graves, problèmes d’autorité parentale,
statut de l’enfant, enfants vivant seuls
III LE DISCOURS DU CAPITALISTE ET LE LIEN SOCIAL CONTEMPORAIN
1. Psychanalyse ou psychothérapies de l’adaptation ?
La psychanalyse face à la psychologie cognitivo – comportementaliste.
Effets des technosciences sur le fonctionnement du transfert et la direction de la cure
analytique
2. Dans quelles conditions le discours analytique peut-il conduire jusqu’à la sortie du
capitalisme ?
Amour – désir – jouissance, sortir de l’emprise de la commercialisation capitaliste de l’amour
vers un nouvel d’amour introduit par le désir de l’analyste.
Quelles perspectives le Discours Analytique introduit-il vers un au-delà du capitalisme?
Comment une analyse menée à terme et/ou la Passe peuvent-ils renouveler le lien social?

Comité d’Organisation :
Avramidou Thenia, Diamantidou Sophia, Kakoulas Yannis,
Malichin Katerina, Dura Anisa, Pouli Elda, Schoretsanitis Nikos,
Triantafillou Pinelopi

Comité Scientifique :
Canellopoulos Lissi, Klabatsea Ada, Ladikou Dionysia,
Malichin Katerina, Papatheodorou Panos, Pouli Elda,
Sakellariou Dimitris